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La Route Touristique - Centre National Jaurès
 
JAURES A TOULOUSE
 

Jean Jaurès fut " citoyen adoptif " de la ville rose dès qu'à 24 ans il fut chargé de cours à la Faculté des lettres de Toulouse. Il y fit d'abord une conférence de licence par semaine, puis y tint ensuite le cours de morale.
Elu municipal de 1890 à 1893, alors que la ville était dirigée par le radical Ournac, il s'occupa de grands dossiers toulousains (notamment ceux de l'instruction publique dont il avait la charge) et fit la connaissance de nombreux militants ouvriers qui firent évoluer sa pensée. C'est d'ailleurs au contact des syndicalistes qui créèrent la Bourse du Travail de Toulouse, inaugurée en 1890 pendant son mandat (l'ouvrier en meuble Marius Pinel, l'ouvrier sellier Emmanuel-Théodore Danflous, le sculpteur ornemaniste Jules Piquepé et bien d'autres encore) que Jaurès acquit, au plus près des réalités, ses premières certitudes quant au socialisme (le vibrant hommage qu'il rendit après son décès au conseiller municipal socialiste Charles de Fitte en porte témoignage).
Qu'il se promène sur les bords de la Garonne (saisi par le peintre Henri Martin), qu'il conférence sur Rousseau, qu'il contribue à la création de l'université de Toulouse, qu'il trouve une issue, en tant que conciliateur, à la grève des employés toulousains de la compagnie d'omnibus… Jaurès fut très vite une des grandes figures de la capitale régionale, d'autant que sa collaboration hebdomadaire au quotidien La Dépêche, à partir de janvier 1887, lui permit de se faire apprécier par des ouvriers, des employés, des intellectuels… soucieux du bien commun. Toute sa vie il gardera un lien affectif avec Toulouse - cette ville où il rencontra Guesde pour la première fois en 1892 - aimant y revenir soit pour une réunion politique (congrès SFIO de 1908), soit pour y conférencer sur Tolstoï (février 1911), soit tout simplement pour y rencontrer des amis et des camarades, promener dans les belles rues étroites du centre ville ou visiter un beau musée d'art.
Dès août 1890, Alfred Delcambe faisait paraître à son attention, dans le Midi républicain, un poème fort élogieux :

 
Jean Jaurès
 
Pour le Peuple, il combat sans trêve,
Journaliste épris d'idéal
Sa voix éloquente s'élève
Contre notre état social

Plus de misère, plus de grève !
Qu'il soit citadin ou rural,
Celui que le travail élève
De son maître sera l'égal.

On dit : " Au poète en un songe,
Apparut, sublime mensonge,
Le bonheur de l'humanité ".

Railleurs ! que le siècle s'achève !
Par la République ce rêve
Deviendra la réalité.

 
Parcours Historique : un conseiller à Toulouse.
 
La visite commence square De Gaulle devant le monument de Jean Jaurès réalisé après guerre avec une partie de l'ancienne statue fondue sous Vichy en 1944. Au Donjon, procurez vous un plan de la ville à l'Office de Tourisme. Après avoir emprunté le passage du Capitole, découvrez la place du même nom ; sur la droite du bâtiment se situe le théâtre rénové en 1974. En 1892, contre Charles de Fitte, Jaurès se prononça pour que la ville maintienne sa subvention à cet établissement culturel. A l'angle de la place et de la rue Saint-Rome se trouvait le Café de la Paix, dans lequel Jaurès rejoignait un groupe d'amis universitaires, au sortir de leur déjeuner quotidien à l'hôtel de Paris (Allées Jean Jaurès). Lors de sa réintégration à la Faculté des Lettres, il choisit d'habiter au centre ville, 20 place Roger Salengro. Là, il se montrait homme du monde et un excellent maître de maison en compagnie de sa femme et de sa mère " Mérotte ". La vaste salle à manger servait aussi de cabinet de travail. La famille y donnait de petites soirées où tous dansaient le quadrille. Au Théâtre des Nouveautés (aujourd'hui ancien cinéma le Gaumont) boulevard Lazare Carnot, Jaurès fit son premier discours le 12 juillet 1890, et présenta sa candidature au cours de la réunion des comités républicains, radicaux et socialistes.
Passé la cathédrale Saint-Etienne, on débouche rue Saint-Jacques où se trouve l'hôtel de l'Académie du XVIIème siècle ; là, entre 1883 et 1884, durant son premier séjour dans la ville rose, Jean Jaurès était invité aux réceptions données par Madame Perroux, femme du recteur ; Jean espérait-il rencontrer l'âme soeur au moment du bal ? !.
Remontez au 21 rue de Metz et entrez dans le majestueux Musée des Augustins pour admirer les oeuvres de Laurens et de Ingres que Jaurès lui-même commentait à Vincent Auriol. Chaque fois qu'il le pouvait, il revisitait le musée. Au couvent des Jacobins (prouesse gothique du XIIIème siècle), Jaurès participa au congrès de Toulouse qui consolida son influence au sein de la S.F.I.O. La Bibliothèque conserve des autographes de l'illustre tribun. Il est aussi représenté à la faculté des Lettres dans une belle fresque en habit de professeur.

 
Le Centre de l'Affiche-Mairie de Toulouse
 
Le Centre de l'Affiche est situé entre les anciens abattoirs (devenus le Centre national d'Art Contemporain) et les Allées Charles de Fitte ; ce dernier fut ouvrier, conseiller municipal, chef de file du parti socialiste à Toulouse. Tout autour se trouve le quartier Saint-Cyprien, autrefois très populaire, dans lequel Jaurès s'adressa pour la première fois aux ouvriers en 1889.
Au Centre de l'Affiche, les visiteurs pourront découvrir de nombreux journaux dans lesquels sont parus des articles dont Jean Jaurès est soit le sujet, soit l'auteur : des extraits de la Petite République de 1894-1895-1896, des caricatures, un dessin original à la mine de plomb de 1897 réalisé par Frédéric-Théodore Lix (qui représente Jaurès dans une assemblée houleuse), la politique de Jaurès devant le Jury de la Seine, la plaidoirie prononcée à la Cour d'Assise le 29 mars 1919 au procès de Raoul Villain (l'assassin de Jaurès), l'Album Jaurès de 107 illustrations. La consultation s'effectue sur demande à la bibliothèque du Centre du lundi au vendredi, de 9h00 à 12h00 et de 14h00 à 18h00.

 
COUP DE COEUR
 

Hôtel de la Paix*** L'édifice fin XIXe est à deux pas du centre ville en passant par la place Wilson. Le restaurant de l'hôtel fut le lieu de rendez-vous des jeunes intellectuels que fréquentait Jaurès.
Hôtel Jean Jaurès*** A proximité de la gare SNCF, c'est un bâtiment moderne tout confort.
Le Restaurant Carmen, campé devant les anciens abattoirs, est une institution où Jaurès mangea ; c'est sûr !!!
La Cuisine en Folie : oui autant de plats, autant de monde ; vous ne serez déçu ni par le manger, ni par l'ambiance jeune.

Au Ti Caz : Tout l'intérieur est en brique, et la cuisine et les patrons sont créoles ! les tables sont disposées à la queue leu leu ; impossible de ne pas parler à son voisin. Pour jeunes, très jeunes ou pour ceux qui n'ont pas envie de vieillir !

 
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