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| La
Route Touristique - Centre National Jaurès
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| LE MUR
DES FEDERES |
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Le cimetière du Père-Lachaise
fut établi en mai 1804 dans un domaine qui avait
longtemps appartenu aux Jésuites et où
le Père La Chaise, confesseur de Louis XIV, avait
résidé à la fin de sa vie. Ce fut
au XIXème siècle le cimetière de
l'aristocratie et l'on y transféra aussi les
restes de personnages célèbres des époques
antérieures.
C'est là qu'au cours de la Commune, au printemps
1871, se retranchèrent les derniers combattants.
Les Versaillais, maîtres du lieu vers la fin de
l'après-midi du 28 mai, y fusillèrent
tous les prisonniers contre un mur appelé depuis
lors Mur des Fédérés.
Le massacre des communards allait alors prendre fin
mais leur chasse était désormais ouverte
: entre 20 000 et 35 000 morts, plus de 43 000 prisonniers,
une centaine de condamnations à mort prononcées
par des tribunaux militaires, plus de 13 000 peines
de prisons et près de 4 000 déportations
en Nouvelle-Calédonie
Le drame, amplifié encore par l'hystérie
haineuse des médias, se lit dans ces chiffres.
Mais la Commune et l'action des communards restèrent
gravées dans les mémoires, au cur
même du Mouvement ouvrier qui ne mit que quelques
années à renaître.
Le 23 mai 1880, deux mois avant l'amnistie des communards,
se déroulait à l'appel de Jules Guesde
le premier défilé devant le Mur : 25 000
personnes, une immortelle rose rouge à la boutonnière,
bravèrent ainsi les forces de police. Et dès
lors, cette " montée au Mur " ponctua
l'histoire ouvrière, puisque chaque année,
depuis 1880, les organisations de Gauche organisent
une manifestation en ce lieu symbolique, la dernière
semaine de mai. Jaurès, bien qu'étranger
à la mémoire communeuse, y alla à
plusieurs reprises, accompagné par Edouard Vaillant,
par Jean Allemane et par des milliers de militants socialistes,
syndicalistes ou anarchistes.
La manifestation record s'y déroula le 24 mai
1936 : 600 000 personnes, Blum et Thorez en tête,
au beau milieu du mouvement gréviste, quelques
semaines seulement après la victoire du Front
Populaire. Autre date, autre temps fort, en ce lieu
chanté par Jules Jouy : " Tombe sans croix
et sans chapelle, sans lys d'or, sans vitraux, d'azur,
quand le peuple en parle, il l'appelle Le Mur ".
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| AU CAFE DU CROISSANT,
L'ASSASSINAT DE JAURES |
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Au soir du 31 juillet 1914, les menaces
de guerre se précisent. Avant d'écrire,
dit-il, " une sorte de J'accuse ", où
il dénoncerait les causes et les responsables de
la crise, Jean Jaurès désire se restaurer.
Accompagné de plusieurs de ses amis, il quitte
le siège de l'Humanité, pour se rendre,
à pied, rue Montmartre au Café du Croissant,
où il a ses habitudes. Le groupe s'installe à
une table voisine de la fenêtre ; Jean Jaurès
tourne le dos à la rue. Ses proches collaborateurs
sont là, assis autour de lui ; sont présents
Longuet, Renaudel, Landrieu et d'autres encore.
Dans la salle, nombreux sont les clients qui reconnaissent
et observent Jaurès. Certains de ses proches s'en
inquiètent. Indifférent, le député
tarnais poursuit son repas. Approché par un journaliste
qui lui montre la photo de sa petite fille, Jaurès
l'interroge alors sur l'âge de l'enfant.
Quelques secondes plus tard, un coup de feu retentit,
tiré depuis la rue. Jaurès, touché
mortellement d'une balle en pleine tête, s'effondre
sur Renaudel.
Des cris d'horreur éclatent aussitôt.
Raoul Villain, son assassin, est vite maîtrisé.
La nouvelle se répand alors comme une traînée
de poudre : " Jaurès est tué, ils ont
tué Jaurès ".
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| Le Musée d'Orsay |
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La gare d'Orsay fut construite selon
les plans de Victor Laloux. Inaugurée le
14 juillet 1900 lors de l'Exposition universelle, elle
desservait les voyageurs de la compagnie Paris-Orléans.
La gare est sauvée de la destruction en 1971
et, en 1977, l'idée est acquise d'y installer
un musée consacré à la deuxième
moitié du XIXe siècle. L'aménagement
intérieur a été confié en
1980 à l'architecte italien Gae Aulenti .
Les collections correspondent à l'époque
de Jean Jaurès, puisqu'elles couvrent la période
1848-1914. On trouve les impressionnistes : Manet (le
portrait de Zola), Monet (ami de Clemenceau), Renoir,
Bazille, Guigou ; les sculpteurs : Carpeaux, Rodin,
Claudel, Bourdelle, Maillol ; les peintres : Millet,
Corot, Rosa Bonheur, Courbet, Rousseau, Moreau, Puvis
de Chavannes, Degas, mais aussi Fantin-Latour, Jongkind,
Boudin, Lépine, Pissarro, Sisley, Caillebotte,
Morisot, Cézanne (qui fut un ami de Zola), Gauguin,
Van Gogh, Seurat et le néo impressionnisme, le
tarnais Toulouse-Lautrec (1864-1901), les nabis, Denis,
Bonnard, Vallotton, Vuillard (Thadée Natanson,
ami de Blum et dreyfusard), l'Art Nouveau est aussi
présent avec l'école de Nancy, Gallé,
Dammouse...
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| Parcours Culturel
et Historique |
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Au Café du Croissant (rendez-vous
de la presse parisienne), avant de vous restaurer, dégustez
un communard et découvrez la petite vitrine et
le buste rappelant la mémoire de Jaurès,
ainsi que la date de sa mort gravée sur le sol.
A côté, au 10 rue Saint-Joseph, on voit encore
l'immeuble où naquit Emile Zola. Tout près
de là, au 111 de la rue Réaumur, l'Espace
Tarn (qui fut le siège de la Petite République
Socialiste, organe dans lequel Jaurès écrivit
de nombreux articles) vous accueille et offre toutes les
informations touristiques demandées. Rue Saint-Denis
(au 151) est située la maison natale de Léon
Blum. Au Père Lachaise, si vous cherchez le Mur
des Fédérés, il faut aller à
la transversale 3, division 97 ; il y a aussi les tombes
de Jean-Baptiste Clément, auteur du " Temps
des Cerises ", la poétesse Anna de Noailles
admiratrice de Jaurès et de Marcel Proust, écrivain
et dreyfusard.
Sur la rive gauche, au Panthéon, Jaurès
passionné de peinture, est venu avec Aristide Briand
et l'écrivain Victor Margueritte vérifier
un détail sur une des fresques de Puvis de Chavannes
(1824-1898), située en face de celles réalisées
par Jean-Paul Laurens (1838-1821) peintre toulousain bien
connu de Jaurès. Au cimetière de Montparnasse,
avenue Thierry dans la 28ème division, on découvre
la tombe discrète du Colonel Alfred Dreyfus, mort
en 1935. N'oubliez pas 16 rue Barbet de Jouy, l'hôtel
dans lequel Madame Arconati-Visconti tenait son salon
littéraire du jeudi que Jean Jaurès fréquentait
assidûment. A côté du Musée
Clemenceau, rue Villa de la Tour, dans l'impasse du même
nom vivaient Jaurès, Louise Bois et leur fille
Madeleine ; c'est là qu'elle reçut le 31
juillet 1914 la dépouille mortelle de son père
en compagnie de Léon Blum et Maurice Barrès.
Si vous avez soif, vous pourrez, toujours dans ce quartier,
aller au Musée du vin pour entamer une bonne bouteille
de vin de Gaillac.
Avenue de Wagram (au n°39) se trouve la fameuse salle
Wagram de style néo-classique dans laquelle eut
lieu un des plus importants congrès socialiste
et dans laquelle Jaurès tint, en 1914, un meeting
sous la présidence d'Edouard Vaillant. |
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| L'Appartement de Georges
Clemenceau |
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| En 1895, Clemenceau s'installe au 8 rue
Franklin, dans un appartement qu'il occupera jusqu'à
sa mort en 1929. Le lieu est resté en l'état
; il présente un confort bourgeois, sans élégance
ni aucune harmonie de style, même si, intéressé
par les mouvements artistiques, il fut ami de Monet et
de Rodin. La pièce essentielle est la chambre dans
laquelle se trouve la table où il travaillait souvent
avec sa loupe et ses ciseaux. Le téléphone
désuet qui le reliait au ministère de la
guerre est toujours en place. Ses objets personnels sont
toujours là: son équipement du front, le
caban de bure brune, le chapeau cabossé, la canne,
les gants de peau, les jambières de cuir.
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| A VOIR |
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Le Musée de la vie romantique
Renan-Scheffer. Jaurès fréquentait la
maison à l'époque d'Ernest Renan et de
sa fille Henriette Psichari . Souvenirs du peintre Scheffer,
des Renan, de George Sand et de Chopin.
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La Maison de Balzac (dont le père
est d'origine tarnaise, Joseph Balsa)
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| Le Cimetière de Passy. Tombes
de Jules Guesde, figure du socialisme et ami de Jaurès,
du socialiste Alexandre Millerand, du critique Octave
Mirbeau, de la poétesse tarnaise Renée Vivien
et du général tarnais Las Cases qui servit
Napoléon. |
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25 MAI 1913 : MANIFESTATION
PACIFISTE
AU PRE-ST-GERVAIS |
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Le contexte large de cette
manifestation, c'est bien sûr l'exaltation des nationalismes,
les rivalités internationales (coloniales et commerciales)
ainsi que la course aux armements, cette " paix armée
" tant de fois dénoncée par Jaurès.
Poincaré, lorrain d'origine, vient d'être
élu Président de la République. Rassurant
pour la Droite, il a annoncé qu'il serait ferme
avec l'Allemagne.
Dans ce climat, le gouvernement souhaite le vote rapide
de la loi faisant passer à trois ans le service
militaire. Appuyé par le Conseil supérieur
de la guerre et par les partisans de l'offensive à
outrance, il est déterminé, dit-il, à
riposter à l'Etat-major allemand qui accroît
de son côté les forces militaires. Campagnes
d'affolement, fonds secrets russes, aides des marchands
de canons à la grande presse, manifestations nationalistes
rien n'est négligé.
Mais ceux qui refusent la fatalité des bruits de
bottes se mobilisent. La SFIO progresse ; elle est à
l'offensive partout dans le pays. Elle se rapproche de
la CGT dont les courants antimilitaristes sont très
actifs. Le peuple de gauche largement entendu se retrouve
derrière la bannière pacifiste et internationaliste
même si ses différentes composantes apprécient
diversement l'Armée et la patrie. Entre un Jaurès,
par exemple, qui se déclare favorable à
l'organisation d'une armée nouvelle, défensive
et proche du peuple, et un Gustave Hervé qui affirme
que les ouvriers n'ont pas de patrie, la distance est
grande ; mais face aux nationalistes, les points de ralliement
sont tout de même nombreux.
Le 23 mai, le gouvernement a interdit la manifestation
organisée tous les ans au Mur des Fédérés,
au cimetière du Père Lachaise, en hommage
aux morts de la Commune. Pour protester, tous ceux qu'une
telle décision révulse se mettent donc d'accord
et décident d'organiser une grande manifestation
pacifiste. Du coup, l'histoire dynamise l'actualité
la plus brûlante. Le Pré-Saint-Gervais, lieu
traditionnel de rendez-vous populaires, accueillera ce
rassemblement. Le maire socialiste y est favorable. Le
25 mai, 150 000 manifestants ont répondu à
l'appel. La journée est bon enfant. Il fait beau.
Le peuple parisien est venu en famille. Musique, chants,
pancartes et bannières, insignes, marchands ambulants
rien ne manque. Pas même le soleil qui illumine
l'assistance de la dizaine de tribunes dressées
pour l'occasion. Plus de 30 orateurs prennent la parole.
Jaurès est l'un d'eux. Ovationné et porté
par les manifestants, il se rendra ensuite à la
mairie du Pré-Saint-Gervais où il prendra
à partie la presse nationaliste.
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| Dès le lendemain, les va-t-en-guerre
stigmatiseront cette manifestation et le gouvernement
fera procéder à des dizaines de perquisitions
dans toute la France, dans les locaux anarchistes, syndicaux
et socialistes. La loi, quant à elle, sera votée
en juillet à la Chambre et en août au Sénat,
mais lors des élections législatives du
printemps 1914, les adversaires des trois ans l'emporteront
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| COUP DE COEUR |
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| Au restaurant LePouilly Reuilly, c'est
l'esprit parisien et une ambiance rétro qui dominent
: escalier en colimaçon en fer ajouré, banquettes
en moleskine, tables de bistro, miroirs et cuisine qui
sépare les deux salles ; tout est original en ce
lieu où le chef n'aime pas la cuisine moderne !
Sanglier grand veneur, riz-de-veau sauce aux morilles,
cassolette de moules aux poireaux, rognons de veau aux
échalotes, oeufs en meurette, pâté
en croûte au foie gras, tête de veau vinaigrette,
paupiettes de veau berrichonnes, filets de harengs...des
spécialités à la carte depuis plus
de 25 ans. " Un conservatoire des plats de tradition
! ". |
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| LE MUSEE DE L'HISTOIRE
VIVANTE |
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Créé en 1939 pour le 150ème
anniversaire de la Révolution française
par Jacques Duclos et Daniel Renoult, complètement
rénové de 1981 à 1988, le Musée
de l'Histoire Vivante a pour but d'illustrer les grands
mouvements populaires de la Révolution à
la Résistance. Son fonds renferme plusieurs milliers
de documents, dessins, caricatures, photos, autographes,
objets, souvenirs, etc.
Le musée est structuré par grandes périodes
: la Révolution française est très
présente avec des pierres de la Bastille, une suite
d'assiettes révolutionnaires, les projets de Laffitte
pour les mois républicains, des boutons d'habits
représentant, en miniatures peintes, la prise de
la Bastille, et de très nombreuses estampes
La Commune de Paris et le Mouvement ouvrier bénéficient
d'un fonds exceptionnel, avec le drapeau du 1er bataillon
des tirailleurs de la Garde nationale fédérale
du XIXème arrondissement, Les illets rouges
(cahier de poèmes de Louise Michel écrits
en prison), les manuscrits autographes de Marx et Engels,
le bureau de Jean Jaurès à l'Humanité,
comportant meubles, objets personnels, caricatures, dessins
ainsi que sa bibliothèque dont l'inventaire est
informatisé. La Résistance n'est pas en
reste avec des souvenirs de déportés, des
planches de la baraque du camp de Châteaubriant,
où les prisonniers gravèrent leurs derniers
messages avant d'être exécutés, ainsi
que de très nombreux documents et objets. En outre,
le Musée a acquis 4 000 cartes postales de Montreuil
(fin XIXème - début XXème siècle)
et dispose d'un " espace chercheurs " où
chacun peut consulter les très nombreux manuscrits
de Jaurès, encore ou en grande partie inédits.
Les uvres de Jaurès en cours d'édition
chez Fayard leur feront toute la place qu'ils méritent.
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| A VOIR |
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| Au 15 bis bd Rouget de l'Isle,
vous découvrirez la maison de Jacques Duclos, leader
communiste, et de Benoît Frachon, qui fut secrétaire
général de la C.G.T. |
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Au 74 bis av. du Président Wilson
se trouvent les ateliers de Georges Méliès
édifiés en 1897. Ils constituèrent
le premier studio de cinéma en France. Jaurès
a été filmé deux fois (une fois
en entrant à la Chambre des députés
; une autre à Berlin lors d'un meeting) et il
a assisté en 1907 à la présentation
du Bélinographe (transmission de l'image fixe
à distance).
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