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| La
Route Touristique - Centre National Jaurès
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| JAURES
ET LES MEGISSIERS EN GREVE (1910) |
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Graulhet était à la fin
du siècle dernier l'un des premiers centres socialistes
et syndicalistes du Tarn. A l'issue de sa reconversion
dans la mégisserie, la ville abritait 1 800 ouvriers
et ouvrières (dont 30 % de femmes et 5 % d'enfants)
répartis dans 90 entreprises.
La chambre syndicale, créée en 1881, était
puissante et imposait respect au patronat local. Mais
l'introduction du machinisme ainsi que les langueurs
de l'économie graulhétoise multipliaient
les chômages saisonniers tout en aggravant les
conditions de travail. Pour faire face à cette
situation, les mégissiers revendiquaient assez
régulièrement des revalorisations salariales,
des réductions d'horaires, une meilleure organisation
du travail et une réglementation adéquate
de la production.
De 1880 à 1908, dix grèves de forte ampleur
s'étaient soldées par une transaction
favorable aux ouvriers. Mais de nouveau, alors que le
prix des denrées augmentait, un nouveau conflit
débuta le 6 décembre 1909. Les grévistes
demandaient une nouvelle augmentation de salaire pour
les femmes et une réduction de la durée
légale du travail à 9 H pour les hommes.
Mais les patrons ne l'entendaient pas ainsi, souhaitant
même profiter de l'occasion pour briser la puissance
syndicale et revenir sur les " acquis " concédés
au cours des années précédentes.
La grève allait durer 147 jours
C'est au 37ème jour du conflit que Jaurès
se rendit dans la ville ouvrière pour soutenir
les ouvriers en lutte. Rencontrant successivement le
Maire, le Préfet, le Sous-Préfet, le Comité
de grève, il alla ensuite à la rencontre
des patrons pour tenter une conciliation comme les grévistes
le lui avaient demandé. Cette démarche
se soldant par un échec, Jaurès promit
d'interpeller le gouvernement très prochainement
à la Chambre afin de débloquer la situation
en lui demandant d'user de ses pouvoirs pour obliger
les patrons, en vertu des lois d'hygiène et de
salubrité, d'accorder la demi-heure de pose réclamée
pour tout compromis par les ouvriers.
Son discours très précis et très
argumenté montra qu'il avait fort bien compris
la situation. Se sentant proche de ces mégissiers,
il eut pour eux des formules qui devaient résonner
ensuite pendant plusieurs années, même
si 110 jours après le passage de Jaurès,
le conflit se solda par un échec
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| Le Parcours des Savoir-Faire,
le Cuir à Graulhet |
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| Le Musée du Cuir
de Graulhet est situé à 40 minutes de Castres
par la départementale 80. Le temps d'une visite
guidée de 1h30, qui rappelle le dur labeur des
mégissiers et la surprenante métamorphose
de la peau, faîtes-vous indiquer la place du Jourdain
sur laquelle vous découvrirez la statue de l'Amiral
Benjamin Jaurès, enfant du pays. Petit-cousin de
l'illustre tribun, Benjamin Jaurès, après
avoir servi en Crimée et en Chine, fut muté
durant la guerre de 1870 dans l'armée de terre
au titre de général. D'opinion orléaniste
comme son cousin Jules Jaurès, père de Jean,
il se rallia pourtant à la République. Nommé
tour à tour sénateur inamovible, vice-amiral,
puis ambassadeur à Madrid et à Saint-Pétersbourg,
il finit Ministre de la marine en 1889. Le vieux militaire
constatera vite l'inclination de son petit cousin pour
la politique : " Jean va à la politique comme
le canard va à l'eau ". Sa demeure, sise au
lieu dit La Fage (premier chemin sur la gauche, qui indique
" champ de tir " au sortir de Graulhet en direction
de Lavaur D 631), est à proximité de l'église
Notre Dame des Vignes du XVIe siècle. Benjamin
Jaurès, pour contribuer au remboursement de la
dette de guerre que la France devait payer à l'Allemagne
après la défaite de 1870, acheta plusieurs
toiles de maîtres dont il fit don à l'église
Notre Dame des Pins. Celle-ci changea de nom lors de la
donation de l'Amiral et pris celui de " Notre Dame
des Vignes ", car une des oeuvres représentait
une magnifique vierge entourée de grappes de raisins.
Au cimetière, à côté de l'église,
on peut voir le caveau de l'Amiral Jaurès et de
sa femme. |
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