Retour à L'index

 
La Route Touristique - Centre National Jaurès
 
COMMENTRY, MONTLUCON,
AUX SOURCES DU SOCIALISME
 

Christophe Thivrier: premier maire socialiste du monde
Dès l'âge de 13 ans, Christophe Thivrier (1841-1895) est ouvrier mineur. Par la suite, il est successivement huilier, boulanger, marchand de vin. Elu conseiller municipal de Commentry en 1874 sur la liste républicaine, il devient, le 6 juin 1882, le premier maire socialiste du monde dans cette ville qui accueillera en septembre 1902 le congrès constitutif du Parti socialiste de France de Jules Guesde et Edouard Vaillant. Député, il s'est rendu célèbre en entrant au palais Bourbon vêtu de la blouse bleue des ouvriers bourbonnais qu'il a refusé de quitter malgré les sommations des huissiers. Le 27 janvier 1894, il fut exclu temporairement pour avoir crié " vive la Commune ! " et fut expulsé de l'Assemblé Nationale, ce qui fit la une du Petit Journal du 12 février 1894.
C'est d'ailleurs en souvenir de cet incident que les mairies de Montluçon et Commentry chôment le 18 mars, date anniversaire de la Commune.

Joseph-Isidore Thivrier:
Maire de Commentry en 1936, Joseph Isidore Thivrier (1874-1944) fut notamment secrétaire de la fédération socialiste de l'Allier de 1937 à 1939. Président du Conseil général, il accueillit Léon Blum en juillet 1940. En 1942, il démissionna de son poste de maire pour entrer dans la Résistance. Dénoncé, il fut déporté au camp de Strutoff où il trouva la mort le 5 mai 1944. C'est en grande partie grâce à lui qu'a été rassemblé l'ensemble des statues qui ornent la ville de Commentry.

Jean Dormoy: le forgeron du 1er mai
Socialiste de la première heure, ami de Paul Lafargue et de Jules Guesde, Jean Dormoy (1851-1898) mena une lutte syndicale intense et devint leader du Parti Ouvrier Français fondé par Jules Guesde. Il fut élu maire de Montluçon en 1892, poste qu'il occupa jusqu'à sa mort. En 1888, lors du 3ème congrès de la Fédération nationale des Syndicats réuni près de Bordeaux, il est l'instigateur d'un projet visant à organiser une manifestation populaire dans le monde entier. Depuis l'adoption de ce projet le 1er mai 1890, Jean Dormoy est surnommé le "forgeron du 1er mai ", journée qui sera fériée à partir de 1947. A Montluçon, on lui doit, en particulier, la réalisation de l'Edifice Communal, lieu de mémoire du monde ouvrier de la ville.

Marx Dormoy:
Fils de Jean Dormoy qui le prénomme Marx en hommage à Karl Marx, Marx Dormoy (1888-1941) débute sa carrière politique et milite pour le socialisme après la première guerre mondiale. Elu maire de Montluçon en 1926, député à trois reprises, il prend part aux côtés de Léon Blum aux accords Matignon, en 1936, qui aboutissent, en particulier, aux congés payés, à la semaine de 40 heures et au droit syndical. Le 26 novembre de la même année, il succède à Roger Salengro au ministère de l'Intérieur et lutte avec vigueur contre les " cagoulards " qui œuvraient contre la République. Sénateur, il figure parmi les 80 parlementaires qui refusent les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain. Il sera assassiné sauvagement à Montélimar le 26 juillet 1941. De son action municipale, les montluçonnais retiennent sa politique de santé et de salubrité publique, d'éducation et de culture et, enfin, ses grands travaux d'aménagement et d'embellissement de la ville.

Ernest Montusès et l'âge de fer:
Ernest Sémonsut est né à Montluçon le 4 avril 1880 et décède dans cette même ville le 9 novembre 1927. Il prit le pseudonyme de Montusès pour participer à la vie politique et littéraire. Ainsi, en 1902, il devint secrétaire adjoint du Parti Ouvrier Français et secrétaire de rédaction du journal Le socialiste de l'Allier. Elu conseiller municipal, il devient adjoint de 1908 à 1912. Gendre de Christophe Thivrier, c'est à son invitation que Jean Jaurès viendra à Montluçon et c'est chez lui qu'il résidera. Lors de la scission de 1921, il adhère au Parti Communiste dont il est considéré, pour l'Allier, comme un des pères fondateurs. De son œuvre littéraire on retiendra notamment l'Age de fer (1914), ouvrage sur la condition ouvrière.

 
L'Eglise Saint-Paul
 

Montluçon est la ville du fer et de la fonte, avec ses premières forges dans la forêt de Tronçais en 1788 ; la ville se dotera plus tard de haut fourneaux vers 1848 mais, dépourvue de charbon, il lui faudra attendre la construction de deux voies de communication pour acheminer le fer du Berry et le charbon de Commentry : le canal du Berry et le chemin de fer dit à ficelle. Construite de 1864 à 1867, l'église Saint Paul est très représentative de l'architecture métallique du XIXe siècle. En effet, elle est réalisée grâce à une ossature de fer et de fonte due à l'architecte Louis Auguste Boileau. Ces matériaux lui confèrent volume, légèreté et luminosité que l'on retrouve dans la Sainte Chapelle. La fonte n'est cependant pas limitée aux structures de l'édifice ; le bénitier, le crucifix et la statue du Sacré Coeur sont aussi de même nature. La charpente métallique de l'église Saint Paul est un pur produit de l'industrie Montluçonnaise, longtemps représentée par l'usine Saint-Jacques.

 
L'Edifice Communal
 

Symbole de l'histoire sociale de la ville, il a été inauguré le 24 septembre 1899 par Jules Guesde. Construit sous l'impulsion de Jean Dormoy, ce bâtiment fut une innovation, grâce à l'alliance du fer et de la fonte. Proche de l'idéal des pré-urbains utopiques, il se compose d'une salle de réunion de 1500 places, de fourneaux économiques destinés à fournir des repas bon marché aux ouvriers, de salles de musique et de culture physique, ainsi que d'un poste de police. Un vrai lieu de vie et d'échanges à la manière d'un phalanstère de Fourier.

 
Parcours d'émotion : les sculptures du socialisme à Commentry
 
Commentry est un ensemble urbanistique programmé à partir de 1842. Au centre, sa place triangulaire où se déploie la façade de l'Hôtel de ville ; derrière, sont alignés le théâtre Alphonse Thivrier, l'église du Sacré-Cœur, construite de 1851 à 1853, avec une statue de Saint Thibaud, patron des mineurs commentryens. La ville possède, grâce à l'action d'Isidore Thivrier, un ensemble de 11 statues tout à fait exceptionnel, oeuvres d'artistes de grande qualité. Ainsi en est-il du monument aux morts, du buste de Christophe Thivrier (de Félix Desruelles), du paysan de Jules Dalou, auteur également du Triomphe de la République place de la République à Paris, de la sculpture de Cordonnier réalisée pour l'Exposition universelle de 1900, et enfin du forgeron de Sylvestre qui a été fondu pour le pavillon de l'Exposition universelle de 1937. Il faut ajouter à cela les créations contemporaines de Christian Leinnbunguth et d'Alain Bougeon.

 
COUP DE COEUR
 
Hôtel Château Saint-Jean *** Dans un cadre somptueux, la salle à manger se trouve dans une ancienne chapelle du XIIe siècle ; l'accueil y est chaleureux, le service est impeccable et la cuisine savoureuse.
Hôtel des Bourbons** .Situé en face de la gare, confortable, très bon accueil.
Restaurant le Grenier à Sel. C'est une demeure cossue située en centre ville et dotée d'un jardin avec beaucoup de charme ; savourez l'excellente cuisine du bourbonnais, des plats tels que le pâté aux pommes-de-terre ou les chaussons aux morilles… Un régal.
 
a
a
a
a
a
a
a
 
 
retour de page
Association des Amis des Musées de Castres BP 12 - F- 81101 CASTRES CEDEX 01