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La Route Touristique - Centre National Jaurès
 
JAURES A CARMAUX
 

Situé dans le nord du Tarn, Carmaux est une ville au passé industriel important. Dès le Moyen Age, on y exploite le charbon. Aujourd'hui l'industrie minière est abandonnée, ainsi que toutes les activités qui en découlaient (cokerie, centrale thermique, carbochimie). L'agglomération qui regroupe les trois villes minières du bassin compte 15 000 habitants. La reconversion industrielle sera pour cette région le grand pari des années à venir.
Jaurès découvre Carmaux dès avant sa première campagne électorale, en 1885. Il est alors élu sur une liste départementale. Ecarté du Palais Bourbon lors du scrutin de 1889, il y revient à l'occasion de l'élection législative partielle de janvier 1893, provoquée par la démission du marquis de Solages, à la suite de la grève des mineurs de 1892.

En dépit de son ardent soutien aux verriers en grève et de son implication profonde pour la création d'une verrerie ouvrière, qui verra finalement le jour à Albi, la puissance des forces réactionnaires coalisées et les conséquences de son engagement en faveur de Dreyfus le privent de son siège en 1898. Réélu en 1902, il restera député de Carmaux (2ème circonscription du Tarn) jusqu'à sa mort.

Les anciens se rappellent encore les terribles campagnes électorales, l'affrontement avec " la gent du marquis ", et personne n'oublie ici le travail fait par Jaurès à la Chambre des députés, pour la défense des ouvriers, pour les lois concernant la sécurité sociale, les retraites, les délégués mineurs.

 

Nombreux sont à Carmaux et dans les communes alentours les lieux qui témoignent de l'action de Jaurès : lieux de mémoire ou lieux où il avait coutume de tenir ses réunions, d'aller à la rencontre de ces paysans devenus mineurs qui l'appelaient " lou nostre Jeannot ". Citons la statue érigée en 1923, le Musée du Château qui retrace l'histoire du charbon et du verre, le Centre culturel implanté dans l'ancienne clinique Sainte Barbe. On imagine bien aussi Jaurès et ses amis lorsque l'on se trouve au siège du syndicat des mineurs CGT, l'ancien Cercle des travailleurs ou encore lorsque l'on se situe devant la façade de l'ancien Cercle de la Montagne, créé après la grève de 1883. Enfin, le chevalement de Blaye comme la cité ouvrière de Fontgrande permettent de mieux saisir ce cadre de labeur et de luttes auquel s'identifie tout le carmausin.

On raconte encore aujourd'hui les scènes de déchirement qui ont suivi l'annonce de son assassinat.

 
On se souvient aussi de la colère et de la consternation de toute une population, après le plastiquage de la statue en 1981, fort heureusement suivi par l'immense mobilisation qui permit sa reconstruction.
Mais plus encore que ces lieux, la mémoire reste au fond du cœur de chaque carmausin, car Jaurès était pour les humbles le symbole de tous les espoirs.

 
Musée du Château
 
C'est dans les bâtiments entièrement rénovés de la première verrerie à bouteilles bâtie en 1752 qu'une exposition est consacrée à l'histoire du charbon et du verre au XIXe siècle. L'évolution sociale et culturelle de tout le bassin a été rythmée par l'exploitation du charbon, qui a façonné l'identité des carmausins. Le Château du Marquis de Solages dont la statue, oeuvre de Niclose, marque l'ancienne entrée du musée, a disparu lors d'un incendie en 1895.

 
Parcours Historique " Jaurès Député de Carmaux "
 
Le nom de Jaurès reste profondément attaché à celui de Carmaux. Lors de sa première campagne électorale, il rencontra plusieurs fois les mineurs et verriers et se fit leur porte parole à l'Assemblée Nationale de 1885 à 1889.
En 1892, il les défendit ardemment dans les colonnes de la Dépêche de Toulouse. Il fut réélu de 1893 jusqu'à sa mort, sauf de 1898 à 1902. Plusieurs lieux rappellent le souvenir de Jaurès à Carmaux : le monument (oeuvre du sculpteur Gabriel Pech) inauguré par son ami Anatole France le 3 juin 1923, le préau de l'école Victor Hugo où fut donné un grand banquet réunissant des hommes politiques et des gens de lettres, le Centre Culturel implanté dans l'ancienne clinique Sainte Barbe qui renferme de nombreux ouvrages de Jean Jaurès ainsi que des archives, la cité de Fontgrande qui reçut des étrangers (600 personnes) venus compléter la main-d'oeuvre locale après la guerre de 1914-18 (le contraste entre la cité ouvrière et celle des ingénieurs est saisissant). On peut voir aussi le musée du Château, le chevalement de Blaye-les-Mines, l'ancien cercle des travailleurs (proche du monument) dont l'emblème orne encore la façade du Café des Arts, le siège du syndicat des mineurs CGT, rue Victor Hugo, qui était autrefois le Cercle de la Montagne, et la maison rue de la Tour dans laquelle les verriers chantaient la Carmagnole et L'Internationale. A l'angle de la rue Albert Thomas et de la rue Jean Jaurès se trouvait l'Hôtel de France où Jaurès logeait lors de ses nombreux séjours à Carmaux. Actuellement une librairie occupe cette place.

 
COUP DE COEUR
 
Au Restaurant La Mouette, admirez les belles bacchantes du patron ! et demandez à Jean-Louis Régis de vous parler de sa région avant de déguster le menu Jaurès conçu à partir de plats locaux servis avant 1914.
 
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