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| La
Route Touristique - Centre National
Jaurès |
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| JAURES A ALBI
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Classé troisième
à la sortie de l'Ecole Normale Supérieure,
en 1881, Jaurès avait souhaité enseigner
à Albi. Après le décès
de son père, il y habite avec sa mère.
Il apprécie la ville et sait la faire apprécier
à ses élèves du Lycée
Lapérouse où il enseigne la philosophie
en n'hésitant pas parfois à professer
au coeur même de la cité, dans ses
rues étroites ou sur le parvis de la cathédrale
Sainte Cécile. " Avec son beau ciel,
ses maisons de briques, ses jardins en terrasse
et ses beaux ponts, avec sa place centrale bien
exposée au soleil et qui rapproche tous
les citoyens sous un tiède rayon d'hiver,
avec sa cathédrale puissante, au pied de
laquelle fleurit le baldaquin, avec ses coteaux
crayeux qui la bordent au nord et qui ressemblent
aux collines du Latium, on dirait une ville italienne,
faite surtout pour le culte de l'art et d'une
sereine philosophie. Il n'est rien de plus beau
quand vers le soir on entre par le pont, que ces
quais silencieux qui montent vers la cathédrale
[...]. Il y a, entre sa couleur de brique et les
rayons jaunissants ou pourpres du soir, de merveilleuses
harmonies. L'édifice semble s'incorporer
la lumière, qui revêt sa majesté
pesante de légèreté et de
douceur ".
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| Plus tard, lorsqu'il n'aura plus
d'attaches familiales dans le Tarn, Jaurès
reviendra maintes fois à Albi. Ne serait-ce
que pour se rendre à Carmaux, il devait emprunter
la ligne de chemin de fer Paris-Albi. Et à
plusieurs reprises, il sera appelé à
prononcer des discours, en fin d'année scolaire,
pour la distribution de prix organisée annuellement
par le lycée. Ce fut le cas en 1883, en 1888
et surtout en 1903, date à laquelle il prononça
son célèbre " Discours à
la Jeunesse ". |
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| LA
VERRERIE OUVRIERE D'ALBI |
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| C'est le 1er août
1895 que les verriers de Carmaux firent appel à
Jaurès pour les conseiller dans la lutte
qu'ils venaient d'engager contre le patron de la
Verrerie, Eugène Rességuier. Depuis
deux ans déjà, les forces patronales,
réactionnaires et gouvernementales, s'employaient
à faire échec à la progression
du socialisme et du syndicalisme. L'épreuve
de force allait durer plusieurs mois. Pour soutenir
les verriers, Jaurès est sur le terrain,
à Carmaux même où il partage
la vie militante des grévistes, à
Paris, notamment à la Chambre des députés
où il interpelle le gouvernement, dans de
nombreuses villes (Narbonne, Toulouse, Lyon
)
où il fait des tournées de propagande
en faveur des grévistes. Le patron ayant
procédé au lock-out de l'entreprise
et la grève se prolongeant inévitablement,
plusieurs grévistes et Jaurès lui-même
auront l'idée d'édifier une verrerie
ouvrière qui appartiendrait, par le biais
des organisations syndicales et coopératives,
à l'ensemble du Mouvement ouvrier. Après
un élan de solidarité d'ampleur nationale,
les verriers eux-mêmes construisirent l'entreprise,
à Albi et non à Carmaux pour des raisons
d'ordres technique et économique. Et c'est
finalement le 25 octobre 1896 que cette entreprise,
liée à l'espérance prolétarienne,
fut triomphalement inaugurée, en présence
de Jaurès, de Rochefort, des membres du conseil
d'administration et de plus de 1500 personnes réunies
en un banquet fraternel. Ce jour-là, Jaurès
radieux, chanta la carmagnole et le ça ira
avant de livrer à tous son profond sentiment
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" Citoyennes, citoyens ! Je
suis profondément ému.
A deux pas d'une cathédrale que nous devons
admirer, bien qu'elle symbolise tant de siècles
d'ignorance et de douleurs, la classe ouvrière
a érigé sa première basilique
où les coeurs chanteront, non dans le tonnerre
des orgues, mais dans la majestueuse mélodie
des machines. Un fleuve rouge, notre Tarn, sépare
le passé et l'avenir. Là-bas, au bout
du pont, Albi et ses vestiges de remparts, Albi
qui représente encore le Moyen Age ! Que
dis-je, Albi ! Toute la France, toute l'Europe,
le monde entier autour de nous, avec ses barrières,
ses lois d'oppression, d'étouffement, de
spoliation ! Le monde entier, avec ses usines qui
sont des prisons, ses lieux de plaisir où
l'on pleure de tristesse, ses églises d'où
Jésus serait chassé s'il voulait y
parler ! Sur cette rive à jamais illustre,
vous avez élevé, citoyens, un temple
que l'humanité considérera toujours
comme le berceau de la liberté ! ".
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| Un
jeune professeur à Albi |
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| Lorsque vous avez visité
l'ancienne et la nouvelle Verrerie, retournez au
centre ville. Le parcours commence depuis l'Office
de Tourisme. Une fois visité le musée
Toulouse-Lautrec, entrez dans la cathédrale,
chef-d'oeuvre de l'art gothique des XIII-XIVe siècles
que Jaurès décrivit avec lyrisme.
Empruntez la Rue Mariès pour voir la collégiale
Saint-Salvy et son cloître (XI-XVème
siècles) où Jaurès épousa
Louise Bois, fille d'un riche marchand en gros.
Il faut ensuite rejoindre la rue de l'Hôtel
de ville pour visiter l'édifice de la Mairie
des XVII-XVIIIe siècles et la salle des Etats
albigeois dans laquelle se trouve un imposant buste
de Jean Jaurès. En passant par la rue des
Pénitents, à l'angle, vous serez surpris
de voir la maison Enjalbert du XVIe siècle,
dotée d'un impressionnant colombage finement
sculpté, monté sur encorbellement.
Tournez à gauche de la rue Timbal pour prendre
la rue Augustin Malroux, et arrêtez vous (au
numéro 16) à la pâtisserie Demessemecker.
Jean, alors jeune professeur, logeait à l'étage.
Au bout de la rue, tournez à gauche des Lices
Georges Pompidou et rendez vous au Lycée
Lapérouse. Jean Jaurès y fut professeur
de philosophie de 1881 à 1883, après
son agrégation, à l'âge de 22
ans. Pour voir la plaque dans la salle de classe
où il enseigna, demandez à l'accueil.
C'est dans l'ancienne chapelle que Jaurès
prononça son célèbre "
Discours à la jeunesse ". En face, engagez
vous rue de la République. Le lycée
Rascol est à gauche. Au centre de documentation
de cet établissement sont conservées
les notes du cours de philosophie professé
par Jean Jaurès et reproduites par Louis
Rascol. Si vous aimez marcher, allez au bout de
cette rue et continuez rue Maréchal de Lattre
de Tassigny. Arrêtez vous au cimetière
des Planques. Dans ce lieu à la fois calme
et émouvant, vous pourrez voir le cénotaphe
de Jean Jaurès qui se trouve au milieu d'un
rond-point et, un peu plus loin, la tombe de Louise
Bois. Le Musée Toulouse-Lautrec Le Palais
de la Berbie (XIII°-XVIII° siècles),
ancienne résidence des évêques
d'Albi, abrite les oeuvres du peintre Henri de Toulouse-Lautrec,
né à Albi le 24 novembre 1864. Le
fonds considérable que conserve le Musée,
grâce à la généreuse
donation des parents du peintre, permet de suivre
l'évolution de l'art de Lautrec depuis les
tableaux de jeunesse, à Céleyran (études
de figures, de chevaux, de membres de sa famille)
jusqu'aux oeuvres ultimes. En 1883, Henri de Toulouse-Lautrec
s'installe à Paris. Il jette un regard sans
concession et peint portraits et scènes de
cafés concerts, de cabarets ou de maisons
closes, avec la même acuité. On trouve
également dans le fonds des lithographies,
un ensemble de 31 affiches qui le rendirent célèbre
et qui le font considérer comme le créateur
de l'Affiche moderne. La collection s'étend
aux contemporains de Lautrec (Bonnard, Vuillard,
l'Ecole de Pont-Aven, Valladon), à l'école
de Paris (Matisse, Marquet, Utrillo, Vlaminck, Rouault),
à quelques sculpteurs (Maillol, Bourdelle,
Despiau) et aussi aux périodes de la préhistoire
et de l'époque gallo-romaine. Le Musée
possède la "redingote légendaire"
de Jean Jaurès (elle n'est pas exposée
actuellement), son masque mortuaire, un buste du
sculpteur Gabriel Pech, Jaurès jeune professeur
en 1885, par Charles-Gabriel Bérenguier,
et une vue d'Albi peinte par Georgette Agutte, dit-on,
pour son ami Jean Jaurès. Jean Jaurès
et Toulouse-Lautrec, qui étaient du même
pays et vivaient à Paris à la même
époque, ne se sont apparemment jamais rencontrés,
n'ayant ni les mêmes goûts ni les mêmes
préoccupations. Cependant, Lautrec était
en rapport avec le groupe de la Revue Blanche, constitué
de personnalités que Jaurès fréquentait
: les Frères Natanson, Lucien Herr, Emile
Zola, Anatole France, Léon Blum, Tristan
Bernard, Octave Mirbeau, Jules Renard, André
Gide, Marcel Proust, Guillaume Apollinaire, et les
peintres Manet, Vuillard... Cette revue fut sans
doute la plus fameuse des revues dreyfusardes, un
concentré de l'intelligentsia des années
1890-1903. L'Affiche de la Revue Blanche est exposée
au Musée Toulouse-Lautrec. |
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| La
Verrerie Ouvrière d'Albi (2) |
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| Le seul témoignage qu'il
nous reste de l'ancienne Verrerie, c'est la grande
salle de réunion située au rond-point
de la rue Dembourg et de la rue de la Verrerie.
L'intérieur est décoré par
le fameux triptyque de William Lappara (1873-1920)
intitulé Les étapes de Jacques Bonhomme,
et portant le symbole des trois formes de revendications
sociales : par la violence, par la pensée
et par l'amour. Ce gigantesque tableau de 9 X 4
m, réalisé en 1905 après que
l'artiste ait reçu le prix de Rome, fut donné
par le peintre à la V.O.A. " Il est
temps, disait alors l'artiste, que l'art qui jusqu'ici
n'a été que la propriété
des riches et des oisifs devienne celle des travailleurs
". Visite organisée par l'Office de
Tourisme d'Albi.
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Le Musée
de la Mine
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| Au gré des 350 mètres
de galeries fidèlement reconstituées
par une équipe de mineurs retraités,
plongez dans " l'enfer de la mine " et
retrouvez les conditions de travail que connurent
les mineurs. Suivez, étape par étape,
l'évolution des techniques et du machinisme.
Une exposition illustre ce métier mythique,
dans un des sites les plus émouvants de l'histoire
ouvrière. |
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| COUP
DE COEUR |
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L'Hôtel Chiffre***, dont
la renommée n'est plus à faire, animé
par un propriétaire dynamique : Michel Chiffre.
Le Restaurant Lou Sicret : au début de la
rue de l'Hôtel de Ville, rentrez sous un porche.
Vous trouverez une petite cour ; c'est là
que Jacques et sa femme Dominique vous feront découvrir
leurs tapas tarnaises et les " coustelous ".
Le Restaurant L'esprit du vin : vous serez reçus
avec délicatesse dans un décor soigné,
agrémenté de centaines de bouteilles
bien rangées par un oenologue passionné
: Pascal Simard. |
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| A VOIR |
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| Le Musée Lapérouse
et l'Hôtel du Bosc où naquit le peintre
Henri de Toulouse-Lautrec (dans la rue du même
nom). Mais ce musée ne se visite pas. |
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