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| Ses
combats et luttes- Centre National Jaurès
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1892 -
1914
LES BATAILLES ELECTORALES A CARMAUX |
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La bataille électorale
"Je tiens à dire que, dans
la bataille électorale, lorsque je n'ai pour
me soutenir qu'une minorité formée par
les ouvriers mineurs, lorsque je vais dans les cantons
ruraux, dans les cantons des Cévennes, porter
la parole socialiste - oh ! clairement, je n'ai jamais
été de ceux qui enroulent la moindre partie
du drapeau - lorsque j'y vais et que dans cet âpre
bloc de montagnes cévenoles où le pouvoir
du châtelain de la mine, qui possède encore
les forêts des montagnes, s'étend jusque
là-haut, se combinant avec la puissance du curé,
avec la puissance des sorciers, avec la vieille ignorance
des populations montagnardes façonnées
par un catholicisme intolérant ; lorsque je vais
sur ces chemins et que je suis assailli, matériellement
assailli, non pas par les huées, mais par les
bâtons, par les pierres, par les embuscades qui
me guettent derrière les haies et derrière
les buissons d'où surgissent tout à coup
des figures sauvages, lorsque je suis guetté
par les gens de la mine, par les gens du château,
par les gens du presbytère, et que près
de tomber dans le guet-apens, je suis dégagé
par les radicaux, petits médecins de villages,
petits propriétaires paysans, démocrates
qui mènent à leur manière, en dehors
de toute formule, une instinctive lutte de classe, et
lorsqu'ils nous arrachent du danger, et aident les ouvriers
de Carmaux à affirmer contre le château,
contre le capital, contre la cure, leur volonté
d'émancipation... le lendemain de cette victoire,
je ne dirai pas que je ne fais aucune différence
entre les gens qui m'attendaient dans un guet-apens
et les démocrates qui m'aidaient à y échapper".
J. Jaurès, Congrès
National du P.S. (S.F.I.O.)
(Toulouse, octobre 1908)
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FRAIS DE LA CAMPAGNE ELECTORALE DU
MARQUIS DE SOLAGES POUR
LES LEGISLATIVES DE 1898
(en franc or)
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Journaux 4 974,00 f
Imprimerie 1 157,00 f
Affichage et distribution de bulletins 963,00 f
Déplacements 966,80 f
Secrétaire personnel 1 181,50 f
Dépenses des agents électoraux dans les
cantons 10 615,70 f
TOTAL 19858,00 F |
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| MATERIEL DE PROPAGANDE
57 639 - Journaux
8 920 - Affiches
20 000 - Professions de foi
31 000 - Bulletins de vote
3 700 - Lettres de convocation
(D'après R. Trempé)
Après la grève des mineurs
de 1892, Jean Jaurès devient le député
de Carmaux, constamment réélu jusqu'en
1914, sauf en 1898.
"Ce n'est pas avec des formules
exclusives, qu'elles soient économiques, ou historiques
ou morales, c'est "avec l'homme tout entier"
que le socialisme doit aller au combat".
J. Jaurès, la Petite République
(13 mai 1893).
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| JAURES DEFENSEUR DES
PETITS PAYSANS |
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| "Il s'agit non pas de supprimer
mais d'industrialiser, sous la seule forme où elle
puisse l'être la propriété individuelle.
Il s'agit de permettre aux petits propriétaires
cultivateurs de constituer dans ce pays le régime
dualiste de la petite propriété paysanne
et de la grande propriété industrialisée".
J.Jaurès, Discours
à la Chambre (8 juillet 1893).
"C'est ainsi qu'en France, les
salariés agricoles, ouvriers, journaliers, domestiques
de ferme, ne sont pas arrivés au sentiment de
leur intérêt de classe, au sentiment de
leur unité ; c'est ainsi qu'ils languissent à
l'heure présente, à la merci des maîtres
de tous ordres, nobles ou bourgeois, qui leur distribuent
à leur gré le travail et le chômage
(...) Ils apparaissent comme une quantité tellement
négligeable que jamais ici, vous l'entendez bien
? vous n'avez eu l'occasion de légiférer
pour eux".
J.Jaurès, Discours
à la Chambre (19 juin 1897).
"Toujours, depuis dix-huit siècles,
sous la discipline des grands domaines gallo-romains,
sous la hiérarchie de la propriété
féodale, sous l'égoïsme de la propriété
bourgeoise et financière, toujours ils ont laissé
couler vers d'autres, vers une minorité oisive,
les sources du blé et du vin, de richesse, de
force et de joie qui jaillissent de la terre sous leur
outil, sous leur effort.
A eux la peine des labours et le souci des semailles,
à eux le travail inquiet de la pioche au pied
de chaque cep, à eux l'acharnement de la cognée
sur la forêt résistante, à eux les
courts sommeils dans l'étable et le soin du bétail
avant le lever du jour. Mais toujours c'est vers le
noble Gaulois, tout fier d'un récent voyage à
Rome, c'est vers le suzerain féodal qui se harnache
pour le somptueux tournoi, c'est vers le financier gaspilleur,
vers le bourgeois taquin et avare que va de siècle
en siècle la richesse des champs, des vignes
et des bois.
Le paysan voit fuir de ses mains la
force des étés, l'abondance des automnes,
et c'est pour d'autres toujours qu'il s'épuise
et qu'il pâtit. Mais aussi, quelle que soit sa
résignation et sa sujétion, toujours,
de l'origine des temps à l'heure présente,
il a fait entendre de siècle en siècle
une protestation pour avertir les puissants que lui
aussi il saurait et voulait jouir".
J. Jaurès, Interpellation
à la Chambre des Députés sur la
crise agricole (19 juin 1897).
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| "Lui que l'ignorance, la jalousie,
l'égoïsme isolaient sur sa motte de terre,
derrière sa pierre de bornage, dont l'ombre courte
lui cachait le reste du monde, il sent pour la première
fois sa vie liée à celle des autres hommes".
J. Jaurès, Discours
à la Chambre (26 juin 1897).
"C'est vous qui voudriez vous appuyer
à la démocratie rurale comme à
un tronc robuste pour résister à la poussée
ouvrière, vous qui déracinez plus qu'à
moitié les paysans quand vous ne les déracinez
pas tout à fait".
J.Jaurès, Discours
à la Chambre (19 juin 1897).
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1895 - 1896
JAURES ET LES VERRIERS DE CARMAUX |
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"Jamais depuis dix ans ne s'était
produit dans le prolétariat un mouvement d'opinion
plus vif que celui qui soutient à cette heure les
ouvriers verriers de Carmaux. D'où vient cela ?
D'où vient que deux fois, en quelques années,
en 1892 avec la grève des ouvriers mineurs, maintenant
avec la résistance des ouvriers verriers, cette
petite bourgade socialiste a mis en mouvement toutes les
sympathies ouvrières ? Cela tient à deux
causes principales. D'abord il y a à Carmaux un
puissant esprit d'organisation et de solidarité.
Tous les mineurs sont syndiqués, tous les verriers
le sont aussi, et il n'y a pas eu une seule lutte engagée
par le prolétariat depuis bien des années
où on ne trouve les souscriptions des travailleurs
de Carmaux.
Ensuite et surtout, ils n'ont jamais séparé
la lutte économique de la lutte politique. Fortement
groupés pour défendre leurs intérêts
immédiats, leur salaire et leur bien-être,
ils savent aussi que c'est par la seule conquête
du pouvoir que le prolétariat arrivera à
la pleine liberté et à la pleine justice.
Ils menacent donc doublement l'ennemi par leur organisation
syndicale et par leur élan politique. [...] En
1892 les mineurs défendaient contre la famille
Reille leur droit à élire des ouvriers.
Cette fois les verriers défendent contre Rességuier
qui les affament leur existence syndicale et leur liberté
politique".
J. Jaurès, Almanach
de la question sociale (1896).
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1894 - 1906
L'AFFAIRE DREYFUS |
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| Portrait du "Juif"
"Les principaux signes auxquels
on peut reconnaître le Juif restent donc : ce
fameux nez recourbé, les yeux clignotants, les
dents serrées, les oreilles saillantes, les ongles
carrés au lieu d'être arrondis en amande,
le torse long, le pied plat, les genoux ronds, la cheville
extraordinairement en dehors, la main moelleuse et fondante
de l'hypocrisie et du traître. Ils ont assez souvent
un bras plus court que l'autre".
Edouard Drumont,
La France Juive (1886).
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| JAURES, UN DES PLUS
CELEBRE DREYFUSARDS |
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Jaurès rend hommage aux jeunes
dreyfusards : les normaliens qui furent parmi les premiers...
"Nous saluons avec une émotion
respectueuse tous ces jeunes hommes, cette élite
de pensée et de courage, qui, sans peur, proteste
publiquement contre l'arbitraire croissant des porteurs
de sabre, contre le mystère dont ils environnent
leur palinodie de justice. A ces jeunes hommes, je suis
presque tenté de demander pardon pour nos tergiversations
et nos lenteurs".
J. Jaurès, La
Lanterne (15 janvier 1898).
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| JAURES A L'OEUVRE
Agriculteurs,
Il veut confisquer vos champs, vos maisons, vos économies
au profit d'un tas de fainéants de sa façon.
Commerçants,
Il fomente les grèves qui vous ruinent.
Mineurs,
En vous rendant suspects à vos patrons, il empêche
qu'on embauche vos enfants.
L'argent de vos syndicats paye les frais de ses élections.
Verriers,
Il vous a affamés à Carmaux en créant
la verrerie concurrente d'Albi.
Patriotes,
Pour mieux préparer l'invasion étrangère,
il prêche l'indiscipline aux soldats et la haine
des chefs. ESCLAVE DU SYNDICAT DES JUIFS SANS PATRIE,
il a défendu ZOLA qui défendait DREYFUS
le traître.
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L'HEURE A SONNE DE
LA REVANCHE.
AUX ARMES BRAVES GENS ET JAURES A LA PORTE ! |
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"Si Dreyfus a été
illégalement condamné et si, en effet,
comme je le démontrerai bientôt, il est
innocent, il n'est plus ni un officier ni un bourgeois
: il est dépouillé, par l'excès
même du malheur, de tout caractère de classe
; il n'est plus que l'humanité elle-même,
au plus haut degré de misère et de désespoir
qui se puisse imaginer.
Si on l'a condamné contre toute loi, si on l'a
condamné à faux, quelle dérision
de le compter encore parmi les privilégiés!
Non : il n'est plus de cette armée qui, par une
erreur criminelle, l'a dégradé. Il n'est
plus de ces classes dirigeantes qui, par une poltronnerie
d'ambition, hésitent à rétablir
pour lui la légalité et la vérité.
Il est seulement un exemplaire de l'humaine souffrante
en ce qu'elle a de plus poignant. Il est le témoin
vivant du mensonge militaire, de la lâcheté
politique, des crimes de l'autorité.
Certes, nous pouvons, sans contredire nos principes
et sans manquer à la lutte des classes, écouter
le cri de notre pitié ; nous pouvons dans le
combat révolutionnaire garder des entrailles
humaines ; nous ne sommes pas tenus, pour rester dans
le socialisme, de nous enfuir hors de l'humanité."
J. Jaurès, les
Preuves, recueil d'articles parus dans La Petite République
(été 1898).
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"Dans le mouvement socialiste,
l'individu est la fin suprême. Il veut désagréger
tous les systèmes d'idées et tous les
systèmes sociaux qui entravent le développement
de l'individu... C'est l'individu humain qui est la
mesure de toute chose, de la patrie, de la famille,
de la propriété, de l'humanité,
de Dieu même. Voilà le socialisme".
J. Jaurès, Revue
de Paris,
(1er décembre 1898)
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1899 - 1905
JAURES DEFEND LA REPUBLIQUE AVEC WALDECK-ROUSSEAU PUIS
COMBES
L'AFFAIRE DREYFUS REVELE LES DANGERS QUI MENACENT LA REPUBLIQUE.
LES REPUBLICAINS DOIVENT S'UNIR. |
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"Nous voulons collaborer avec toute
la gauche pour une oeuvre d'action républicaine
et réformatrice. Nous voulons en même temps
poursuivre les fins supérieures en vue desquelles
le prolétariat s'est organisé."
J. Jaurès, Chambre
des députés
(13 JUIN 1902).
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"Qu'il fait bon de s'oublier parfois
chez vous en entendant ce poète qui est Jaurès
parler des poètes ! Quel enthousiasme juvénile
pour une belle image, un terme bien approprié
à l'idée adéquate, pour un beau
vers ! Dans 15 jours nous entendrons parler de Ronsard
et de du Bellay".
Lettre d'Alfred Dreyfus
à la Marquise
(12 Décembre 1912)
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POEME DU GUESDISTE
LUCIEN ROLAND (LE SOCIALISTE DES ALPES,
8 FEVRIER 1903). |
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LE ROI JAURES
Qu'importe ce que dit la presse !
J'ai mon fauteuil de souverain ;
On s'y repose avec ivresse.
Je suis un roi républicain.
Je vais me mettre avec aisance
Dans la peau des vieux rois de France :
Adorer ce que je brûlais,
Brûler tout ce que j'adorais.
Des socialistes farouches
Vont me critiquer, c'est certain,
Et bourdonner comme des mouches
Autour de ma cloche d'airain.
Pour que ces hommes en colère
Ne reconnaissent plus leur frère
J'ai, comme le roi Dagobert,
Mis ma carmagnole à l'envers !
C'est réel ! Le monde sensible
De la gauche et du centre droit
Me croit un homme bien terrible ;
Je suis au contraire un adroit.
Pour calmer leur humeur jalouse,
Je leur dirai, comme Louis Douze :
Messieurs, le vice-président
Ne venge pas le militant !
Si Coûtant veut à la tribune
Crier, la voix pleine de feu :
"Citoyens, vive la Commune !"
Je l'expulserai, nom de Dieu !
Alors, ces Messieurs à gros ventre
Verront que j'en tiens pour le centre :
Qu'importe une adjuration ?
Mon trône vaut bien un sermon !
Petits soldats, faites escorte
A l'homme qui monte au pouvoir,
Le fusil que votre main porte
Sera l'outil du désespoir.
Au jour de la rouge récolte,
Jaurès dira : C'est la révolte !
Révolte, lui répondra-t-on :
Non, c'est la Révolution !
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| JAURES ANTICLERICAL
MAIS NON ANTIRELIGIEUX |
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Jean Jaurès contribue activement,
par une longue campagne et une série d'initiatives,
à la séparation de l'Eglise et de l'Etat.
"L'Eglise ne s'est tournée
vers les faibles que le jour où ils ont commencé
à être une force. Elle a été
comme ces parents hautains et durs, qui sont pris soudain
de tendresses et d'égards pour un parent pauvre
en apprenant qu'il va faire un gros héritage".
J. Jaurès, La
Dépêche (30 mars 1892).
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1907 - 1914
LA LUTTE CONTRE LE MILITARISME ET LA GUERRE |
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| "J'appelle les vivants pour qu'ils
se défendent contre le monstre qui apparaît
à l'horizon. Je pleure sur les morts innombrables
couchés là-bas vers l'orient et dont la
puanteur arrive jusqu'à nous comme un remord. Je
briserai les foudres de la guerre qui menacent dans les
nuées".
J. Jaurès, Bâle
(24 Novembre 1912).
"Entre tous les moyens employés
pour prévenir et empêcher la guerre et
pour imposer aux gouvernements le recours à l'arbitrage,
le Congrès considère comme particulièrement
efficace la grève générale ouvrière,
simultanément et internationalement organisée,
dans les pays intéressés, ainsi que l'agitation
et l'action populaire sous les formes les plus diverses".
Motion du Congrès
socialiste de Paris
(14 - 16 juillet 1914).
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1907 - 1914
LA LUTTE CONTRE LE MILITARISME ET LA GUERRE |
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| "De quelque manière que le
problème d'Alsace-Lorraine, comme les problèmes
du même ordre qui pèsent sur le monde, se
résolve (...), c'est seulement par la paix et par
la paix préalable que la solution peut être
préparée".
J. Jaurès, L'Humanité
(11 mai 1913)
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| EN INTRODUCTION A
UNE PROPOSITION DE LOI, JAURES ECRIT L'ARMEE NOUVELLE
(1910). |
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"Le premier problème qui
s'impose à un grand parti de transformation sociale
qui est résolu à aboutir, c'est celui-ci
: comment porter au plus haut pour la France et pour
le monde incertain dont elle est enveloppée les
chances de paix ? Et si, malgré son effort et
sa volonté de paix, elle est attaquée,
comment porter au plus haut les chances de salut, les
moyens de victoire ?"
"Le vice essentiel de notre organisation
militaire est qu'elle a l'apparence d'être la
nation armée et qu'en effet elle ne l'est point
ou qu'elle l'est à peine".
"Il n'y a de défense nationale
que si la nation y participe de son esprit comme de
son coeur".
"Un peu d'Internationalisme éloigne
de la patrie ; beaucoup d'Internationalisme y ramène.
Un peu de patriotisme éloigne de l'Internationale;
beaucoup de patriotisme y ramène".
J. Jaurès. L'Armée
Nouvelle (1910)
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| LE COMBAT CONTRE LA
GUERRE DECHAINE LA HAINE DES NATIONALISTES |
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[...] "Ce que nous leur demandons,
ce n'est pas de désarmer la France avant l'heure
où tous les peuples pourront désarmer
à la fois. Ce que nous demandons, c'est d'abord
de constituer l'armée selon un type vraiment
national et vraiment démocratique. Ce n'est pas
en empilant contingent sur contingent dans les casernes,
ce n'est pas en dégoûtant les citoyens
de leurs devoirs militaires par la répétition
indéfinie des mêmes exercices, ce n'est
pas en revenant vers les formes surannées de
l'armée de métier qu'ils assureront la
force française. Il n'y a d'inépuisable
que l'eau qui vient des sources profondes et il n'y
a que la démocratie, il n'y a que la nation,
que le peuple tout entier, qui soit la source des forces
où la France devra puiser pour son salut. Ce
que nous demandons aussi aux Gouvernants, aux classes
dirigeantes, ce n'est pas de prodiguer l'armée
dans les grèves pour mâter la liberté
de coalition du prolétariat (applaudissements).[...]"
J. Jaurès, Discours
prononcé à Rochefort (5 juillet 1914).
"Messieurs, vous m'objectez sans
cesse quelques paroles, quelques théories de
Gustave Hervé. Vous m'avez sommé bien
des fois de les désavouer. Messieurs, j'ai discuté
contre lui, j'ai argumenté contre lui... et dans
notre parti nous ne connaissons, nous ne voulons connaître,
dans notre débat avec les militants du même
parti, d'autre règle et d'autre sanction que
la discussion elle-même. Vous n'obtiendrez de
nous, en réponse à des théories
même réfutées par nous, aucune mesure
brutale ni humiliante. [...]
J. Jaurès, Chambre
des députés
(15 novembre 1905).
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| "Déjà Jaurès
a pris ses précautions. Il a quitté à
demi la France. Il est citoyen de l'Europe... Enfin, me
dit quelqu'un, il vit de la langue française ?
Mais non pas, il est prêt à vivre de la langue
allemande. Il a parlé à Berlin. Dès
maintenant, sa pensée est allemande plutôt
que française... Il peut être député
au Reichstag comme au Palais-Bourbon. Au milieu d'une
France qui se défait, il garde une armée,
les troupes socialistes, pour parer à tous les
évènements... Fier de savoir si bien l'allemand,
de Kant à Hegel, à Hahn, à Nietzsche,
il passe nécessairement aux pangermanistes".
Maurice Barrès,
Cahiers (1913).
"Je suis un vieux républicain.
Je suis un vieux révolutionnaire. En temps de
guerre, il n'y a qu'une politique et c'est la politique
de la Convention nationale. Mais il ne faut pas se dissimuler
que la politique de la Convention nationale, c'est Jaurès
dans une charrette et un roulement de tambour pour couvrir
cette grande voix. [...]
J'ai horreur de l'éloquence toujours et de la
métaphore. Quand je dis qu'il y a un parti allemand
et que Jaurès est un pangermaniste, ce n'est
point une invective. [...] Il est un agent du parti
allemand. Il travaille pour la grande Allemagne".
Charles Péguy,
L'Argent (1913).
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| LA CIBLE PRIVILEGIEE
DES NATIONALISTES |
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| Dès 1903, la caricature
présente Jaurès comme un "Agent de
l'Allemagne"...
...Mais c'est surtout à partir
de 1913 que la presse nationaliste s'acharne contre
lui.
"Herr Jaurès"...Ce
titre civil ne lui convient plus. C'est major général
Jaurès qu'il faut dire. Il a bien mérité
un haut grade dans l'armée allemande, car nul
Allemand ne l'a mieux servie dans ces dix dernières
années [...]. Qu'il se lève donc et se
fasse connaître, le sujet allemand qui a plus
fait que Jaurès pour l'Allemagne et qui a mieux
mérité la Croix de fer avec l'aigle en
diamant".
La Liberté (4
mars 1913).
"La France parle ; M. Jaurès,
taisez-vous! Et comme cet avis a son importance, et
pour être sûr de me faire comprendre de
vous et de vos amis, je traduis à leur intention
et à la vôtre: Frankreich spricht, still,
Herr Jaurès !".
Franc - Nohain, l'Echo
de Paris (13 mars 1913).
"M. Jaurès continue de travailler
nos soldats. Il s'est juré de donner Paris aux
Prussiens, cet homme [...]. Nous aurons cent quatre-vingt-six
mille Prussiens chez nous avant que nos journaux aient
le temps de tirer une édition spéciale,
et nous apprendrons du même coup : la guerre,
l'invasion et l'occupation de nos principaux points
stratégiques. Bah ! Le généralissime
Jaurès se charge de tout. C'est lui qui, à
la tête de ses milices, traitera la capitulation
de Paris. Ce jour-là, L'Humanité paraîtra
en deux langues, comme elle en a déjà
fait l'essai. Et Paris aura vécu".
Maurice de Waleffe,
Midi-Paris (2 avril 1913).
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| "Il faut citer Jaurès non
seulement comme un agitateur parlementaire funeste, mais
comme l'intermédiaire entre la corruption allemande
et les corrompus de l'antimilitarisme français.
[...] Une enquête sérieuse, menée
par un pouvoir national ferait apparaître par toute
l'étendue de ses articles et de ses discours, les
tâches de l'or allemand. [...] Il serait bien de
ne pas perdre de vue ce traître".
Charles Maurras, l'Action
Française
(21 mai 1913).
" Dites-moi, à la veille
d'une guerre, le général qui commanderait
à quatre hommes et un caporal de coller au mur
le citoyen Jaurès et de lui mettre à bout
portant le plomb qui lui manque dans la cervelle, pensez-vous
que ce général n'aurait pas fait son plus
élémentaire devoir ? Si, et je l'y aiderai
!"
Maurice de Waleffe,
Midi-Paris (17 juillet 1914).
"S'il y a un chef en France à
ce moment-là qui soit un homme, M. Jaurès
sera "collé au mur", en même
temps que les affiches de mobilisation. Sinon, les Français
auront l'ennemi devant eux et la trahison dans le dos".
Urbain Gohier, La Sociale
(1914).
"Jaurès est un homme qui
a perdu le pli de la nationalité française
et qui s'est laissé faire une mentalité
étrangère. Il a pris même le physique
de l'Allemand. Il en a la carrure ramassée et
lourde, la barbe rousse et broussailleuse, la physionomie
professorale, le style dogmatique et pédant [...].
J'ai ouï dire qu'il pourrait faire ses discours
aussi bien en allemand qu'en français. Cela se
sent lorsqu'on l'écoute et qu'on le lit. Ses
discours sont conçus de telle sorte que si le
Parlement de France les adoptait, l'Allemagne n'aurait
qu'à faire passer ses armées chez nous,
sans trouver d'armée française qui lui
résiste".
Franc - Nohain, l'Echo
de Paris (23 juillet 1913)
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