| La
carrière- Centre National Jaurès
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1881 - 1885
JEUNE PROFESSEUR DE PHILOSOPHIE A ALBI ET A TOULOUSE |
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Extrait du discours de Jaurès
pour la distribution des prix au lycée d'Albi
(31 juillet 1888). |
"Avec son beau ciel, ses maisons
de briques, ses jardins en terrasse et ses beaux ponts,
avec sa place centrale bien exposée au soleil et
qui rapproche tous les citoyens sous un tiède rayon
d'hiver, avec sa cathédrale puissante, au pied
de laquelle fleurit le baldaquin, avec ses coteaux crayeux
qui la bordent au Nord et qui ressemblent aux collines
du Latium, on dirait une ville italienne, faite surtout
pour le culte de l'art et d'une sereine philosophie.
Il n'est rien de plus beau quand vers le soir on entre
par le pont, que ces quais silencieux qui montent vers
la cathédrale. [...] |
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Il y a entre sa couleur de brique et
les rayons jaunissants ou pourpres du soir de merveilleuses
harmonies. L'édifice semble s'incorporer la lumière,
qui revêt sa majesté pesante de légèreté
et de douceur".
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J. Jaurès
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| "Les bonnes et belles actions, les
sentiments élevés et purs sont, en un sens,
l'honneur et le patrimoine commun de l'humanité
; pour moi, je vous l'avoue, il me semble que je suis
plus riche quand j'ai trouvé un honnête homme
de plus ; et je ne comprends pas que le trésor
des vertus humaines ne nous soit pas le plus cher et le
plus sacré". |
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J. Jaurès,
Discours prononcé à la
Distribution des prix au lycée d' Albi (août
1883).
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| "Le passé d'une nation ne
reste pas improductif : il est comme la couche profonde
d'une terre labourable ; et les moissons nouvelles sont
nourries à la fois par le soleil du jour et par
les réserves anciennes du sol". |
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Jean Jaurès,
Conférence prononcée à Albi pour
l'Alliance Française (1884)
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1885
LE PLUS JEUNE DEPUTE DE FRANCE |
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"En 1885 on vit arriver à
la Chambre un petit homme, une épaule plus courte
que l'autre, mal nettoyé, la chevelure et la
barbe d'un jaune aussi peu défini que le pelage
du cheval de d'Artagnan, clopinant, inquiet, furetant
partout, fouinant dans tous les groupes, l'oeil quêteur,
se fermant devant tout regard direct par un tic convulsif
: on sut qu'il s'appelait Jaurès".
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| [...] "Je commettais une erreur
grave. Je croyais que la majorité républicaine
au milieu de laquelle je siégeais et avec laquelle
j'avais été élu pouvait, par le même
chemin de pensée, aller de la République
au socialisme. Il me semblait que par une évolution
intérieure et logique toute la République
gouvernementale devait tendre vers l'idée d'égalité
sociale, vers l'organisation fraternelle du travail et
de la propriété. Cette illusion a duré,
toujours décroissante, de 1885 à 1888. Mais
chaque jour, la vanité des intrigues parlementaires,
les scandales qui éclataient sous nos pas et nous
révélaient le pouvoir caché et souverain
de la finance, le mouvement de recul dont le ministère
Rouvier fut la marque, tout m'apprenait qu'il s'était
constitué dans la République une oligarchie
bourgeoise. [...] Et je vis bien qu'il s'agissait au fond
d'une lutte entre la classe qui détenait tout et
la classe dépouillée de tout". [...] |
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J. Jaurès
(11 septembre 1897).
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1885 - 1889
JAURES EVOLUE VERS LA GAUCHE |
| Extrait d'une lettre d'un patron républicain
de Mazamet au Sénateur Barbey (avril 1887)
"Je vois avec peine Mr Jaurès
prendre une couleur bien vive".
Jaurès explique pourquoi, lors
de la constitution du ministère Rouvier (31 mai
1887) il s'est séparé des autres élus
républicains du Tarn.
"L'heure de l'équivoque
est passée : entre le libéralisme timide
et la démocratie agissante, il faut choisir ;
la nuée qui enveloppait et confondait tout se
déchire et nous ne pourrions plus, sans mentir
aux autres et à nous-mêmes, nous dérober
à des explications catégoriques ; pour
moi, j'ai cru qu'il était nécessaire,
dès la première heure, de prendre nettement
position.
Nous habitions et nous défendions, contre l'ennemi,
un édifice de concorde républicaine ;
ébranlé trop tôt par des mains imprudentes,
il va crouler. Par quelle porte en sortirons-nous ?
Par la porte du passé ou par la porte de l'avenir
? Du côté du couchant ou du côté
du levant ? Je sors du côté de l'avenir
encore incertain, du côté du levant encore
mal éclairé ; je veux saluer, dès
qu'elles commenceront à poindre au bas du ciel,
plus belles toutes deux que l'étoile du matin,
la Fraternité et la Justice".
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J. Jaurès,
"Le nouveau Cabinet",
La Dépêche (4 juin 1887).
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| UNE DES GRANDES SIGNATURES
DE LA DEPECHE |
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| Jaurès critique littéraire
: "Le Liseur", signature anonyme. |
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"Je ne crois pas que jamais la
pleine liberté du rêve, échappant
soudain à tous les artifices de la conduite humaine,
ait été traduite avec plus de puissance.
Il faut lire "Le Bateau ivre" : vous retrouverez
un moment cette étrange sensation "d'illimité"
que nous avons parfois aux heures de première
jeunesse".
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(5 décembre
1895)
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| EVOLUTION DU TIRAGE DE "LA DEPECHE" |
1887
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80 000 |
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| 1900 |
135 000 |
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| 1914 |
292 500 |
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| Lettre de Jaurès
au recteur Perroud |
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Paris, 30 septembre 1889
Monsieur le Recteur,
Je vous remercie de vos bonnes paroles, elles me font
du bien.
La circonscription a donné
à la République plus de voix que jamais,
mais pas assez encore.
Je n'ai pu voir encore M. Liard,
il est à la campagne ; je voudrais beaucoup rentrer
à Toulouse et votre bienveillance pour moi est
une de mes raisons.
On trouvera peut-être que la
philosophie est déjà chargée à
la Faculté, mais quand je redemande simplement
mon ancien poste après avoir lutté comme
je l'ai fait et avancé mes thèses, ce
n'est pas trop.
Dès que j'aurai vu M. Liard,
je vous écrirai.
Nous avons depuis huit jours une
fillette qui me fait bien plaisir ; sa mère va
bien aussi.
Croyez à mon respectueux dévouement.
J. Jaurès
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JEAN JAURES
Pour le Peuple, il combat
sans trêve,
Journaliste épris d'idéal
Sa voix éloquente s'élève
Contre notre état social
Plus de misère,
plus de grève !
Qu'il soit citadin ou rural,
Celui que le travail élève
De son maître sera l'égal.
On dit : "Au poète
en un songe,
Apparut, sublime mensonge,
Le bonheur de l'humanité".
Railleurs ! Que le siècle
s'achève !
Par la République ce rêve
Deviendra la réalité
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Alfred DELCAMBE,
Le Midi Républicain
(10 août 1890).
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1904
LA CREATION DE L'HUMANITE, QUOTIDIEN SOCIALISTE |
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| "Il ne faut pas s'émouvoir
outre mesure des notes des journaux. Je ne connais pas
celle du Gil Blas. Elle n'est qu'à moitié
exacte. Il est vrai que j'ai demandé à Rouanet
de faire l'éditorial - et il le fera, vous n'en
doutez point, en socialiste, dans le même esprit
que nous. C'est-à-dire très conciliant.
Tout le reste est pure fantasmagorie. Le journal sera
authentiquement et activement socialiste et il cherchera
à faire la conciliation à gauche. J'ai demandé
un article à Allemane qui a accepté. J'en
demanderai aux principaux militants des organisations
ouvrières". |
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J. Jaurès, lettre
à Jean Longuet
(14 mars 1904).
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"Faisant allusion aux titres universitaires
des premiers rédacteurs de L'Humanité
[...] un ironique confrère proposa un certain
jour de l'appeler, de préférence, "Les
Humanités". Jaurès sentit l'ironie
mais en fut enchanté, car il y voulut voir un
hommage rendu au soin qu'il exigeait qu'on apportât
à la rédaction de son journal. Une faute
vulgaire l'humiliait, un solécisme qu'il découvrait
dans un article insignifiant le faisait bondir sur le
téléphone pour m'"attraper"
sévèrement. Pendant les cinq années
que je fus son secrétaire de rédaction,
je vécus avec le souci constant d'éviter
les reproches de cet ordre".
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Victor Snell, Secrétaire
de rédaction de
l' Humanité de 1907 à 1912,
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