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Jean-François et Léopold Batut
La vie à Castres de 1850 à 1907 - Le Musée Goya
 
Jean-François BATUT (1828 -1907)
Jean-François Batut (1828 - 1907) et son fils Léopold Batut (1856 - 1902) sont indissociables de la vie castraise durant la seconde moitié du XIXème siècle.
Portrait de Paul Schabaver
Huile sur toile H : 0,61 m ; L : 0,50 m
Signé en bas à droite : F. Batut
Collection particulière
 
Portrait de Jules Cambos
Huile sur toile H : 0,65 m ; L : 0,542 m
Signé coin sup. gauche : A Jules Cambos son vieil ami F. Batut
Don de l'artiste en 1903 n° inv. : 03-1-5
D'origine modeste - il est le fils d'un menuisier - il sera donc sensible aux échos de la réussite sociale qui va de pair avec la révolution industrielle, Jean-François Batut devint donc l'imagier de cette société forte de convictions ainsi que de certitudes. Ne fit-il point le portrait de Ferdinand de Lesseps en 1870, d'Émile Ollivier, du Roi Alphonse XII d'Espagne, de Gustave Eiffel ?
 
Batut savait aussi honorer l'amitié comme ce fut le cas pour Jules Cambos (1828 - 1917) célèbre sculpteur castrais, dont La Femme Adultère est exposée de nos jours au musée d'Orsay. Franc-maçon, il fit partie de la loge des " Cœurs unis ". Constituée en 1876, elle disparut en 1899 non sans avoir honoré notre peintre qui exécuta en 1884 les portraits de deux vénérables de la loge de l'Harmonie Universelle, qui avait duré de 1810 à 1850 : Jean Nauzières et le docteur Vincent Pieglowski (1811-1896), polonais émigré en France après l'insurrection anti-russe de 1831.
Portrait de Jean Nauzières
Pastel - ovale H : 0,915 m ; L : 0,73 m
Musée Goya, Castres N° inv. : 11-43-1
  Fils d'un colporteur originaire du Cantal, Jean Nauzières (Castres, 6 juillet 1797 - Castres, 11 novembre 1880) exerce la profession de manufacturier. A l'exemple d'une partie de la bourgeoisie de Castres industrielle et d'affaire, souvent protestante, il affiche en politique des idées avancées. Franc-maçon, il a été de 1842 à 1846, vénérable de la loge. Républicain convaincu, il soutient la liste "démo- soc" contre celle du Parti de l'Ordre lors des élections de 1849 à l'Assemblée Législative. Conseiller municipal sous la municipalité d'Alquier-Bouffard, il lui succède en tant que maire de mai à octobre 1871.
 
Portrait de Victor Schoelcher
Huile sur toile H : 0,65m ; L 0,544 m
Musée Goya, Castres - N° inv. : 11-33-1
  Anonyme au début de l'exposition ce Portrait de vieillard à la chaîne en or a été reconnu pour un portrait du grand humaniste Victor Schoelcher (1804-1893).
Homme politique français. Ayant voyagé aux colonies, il se fit l'apôtre de l'abolition de l'esclavage qu'il put réaliser le 27 avril 1848, alors qu'il était ministre de la Marine du gouvernement provisoire. Elu député de la Martinique à la Législative en 1849, proscrit après le 2 décembre, réélu en 1871, sénateur inamovible. Il fut franc-maçon dès avant 1848, athée, anticlérical et républicain convaincu. Depuis 1949 ses cendres reposent au Panthéon.
Batut père était habile et sa méthode très efficace : on " l'accuse " (Écho du Tarn du 7 juillet 1887) de privilégier les jolies clientes et d'idéaliser ses modèles tout en traduisant la meilleure ressemblance. Professeur à l'École des Frères de la Doctrine Chrétienne, il n'eut encore aucune difficulté à représenter Jean Jaurès à l'orée de sa carrière politique si controversée et à l'exposer dans la vitrine de la librairie Sagnes, Quai du Pont-Neuf, comme il l'avait fait en 1890 pour le portrait d'Eiffel.

 
Portrait de Jean Jaurès
Huile sur toile H : 0,65 m ; L : 0,54 m Signé en bas à droite : F. Batut
Don de M. Aspe n° inv. : 11-37-1
  La datation de cette œuvre, comme maints tableaux des Batut, est difficile à établir. Vraisemblablement, la réalisation de cette peinture se situe au cours de la législature 1902-1906. Elu à Carmaux à partir de 1893, Jaurès restera jusqu'à sa mort député de la circonscription, à l'exception de la période 1898-1902. A-t-il posé pour Batut ? Il y a lieu d'en douter. Il faut plutôt penser à un travail effectué d'après photographie, procédé auquel l'artiste recourrait parfois. Le portrait ressemble au cliché figurant dans le trombinoscope intitulé Nos députés et paru au début de la législature en 1902, il rappelle aussi une photographie faite à cette époque par Henri Manuel. Même avec une physionomie quelque peu rajeunie par l'éclairage du tableau, Jaurès porte allègrement sa jeune quarantaine.
On le voit bien, Batut savait soigner sa popularité ainsi que sa clientèle toujours choisie parmi la bourgeoisie aisée, les cercles du pouvoir et de la politique. Son geste, en 1903, fait entrer dans les collections du musée de Castres des œuvres de son fils disparu, mais avant tout son Autoportrait, Le portrait de Cambos et celui de Léopold Batut dédicacé.
Autoportrait
Huile sur toile H : 0,605 m ; L : 0,50 m
Signé en bas à droite : F. Batut
Don de l'artiste en 1906 n° inv. : 06-1-1
 
Portrait de Léopold Batut
Huile sur toile H : 0,65 m ; L : 0,54 m
Signé en haut : A Léopold Batut, son père F. Batut
Don de l'artiste en 1903 n° inv. : 03-1-2
De façon manifeste, Batut est confronté à l'essor de la photographie, inventée en 1839 et promise à la plus belle des réussites. Son succès fut tel que les peintres en prirent ombrage : d'une fidélité absolue, elle permettait à moindre frais de perpétuer les traits de tout un chacun relayée par la carte postale dans le domaine du paysage, de la scène de genre, voire de l'érotisme. Curieusement, certains portraits sont peints en noir et blanc, ce qui laisse à penser qu'il pouvait y avoir commande après la disparition du modèle lui-même ou exigence spécifique des commanditaires en raison de leur confession religieuse catholique ou protestante, sans préjudice d'un mimétisme voulu par rapport au cliché photographique. En tous les cas, la raison du portrait, quand on peut la connaître, demeure claire : fiançailles, mariage, distinction honorifique.
Portrait de jeune garçon
Huile sur toile H : 0,61 m x 0,50 m Signé coin inférieur gauche : F. Batut Inscription sur le châssis : Jean-François Batut par lui-même Musée Goya, Castres n° inv. : 03-1-10
 
Portrait d'Augustine Nauzières
Pastel couleur H : 0,65 m ; L : 0,515 m
Non signé
Collection particulière
 
Portrait de Louis Delpech
Huile sur toile H : 0,65 m ; L : 0,54 m Signé en bas à gauche : F. Batut Collection particulière
 
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